Transfert de masse, Théorie de Turin par Jacques-Alain Miller

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« (…) du point de vue de la psychanalyse, la structure du collectif est constituée au niveau du rapport du sujet à l’Idéal.

Freud procède ainsi à une analyse du collectif. C’est une analyse au sens où il divise le collectif en une multiplicité de rapports singuliers.

Ceci est freudien. Ceci est lu par Lacan dans le texte freudien. L’individuel n’est pas le subjectif. Le sujet n’est pas l’individu, n’est pas au niveau de l’individu. Ce qui est individuel, c’est un corps, c’est un moi. L’effet-sujet qui s’y produit, et qui en dérange les fonctions, est articulé à l’Autre, le grand. C’est ce que l’on appelle le collectif ou le social.

C’est ainsi que, au sens de Lacan, le transfert n’est nullement un phénomène individuel. Un transfert de masse, comme il se voit tous les jours, est parfaitement concevable : c’est un transfert multiplié, causé pour un grand nombre de sujets par le même objet supporté du même sujet supposé savoir, qui se manifeste par des sentiments négatifs aussi bien que positifs, et qui est constitutif d’un groupe. »

MILLER J.-A., Théorie de Turin, Site de l’ECF :   http://www.causefreudienne.net/theoriedeturin, 21 mai 2000.