“Le Transfert révèle la vérité de l’amour” – Rapport sur la présentation de Sophie Marret-Maleval à la London Society (19 mai 2018), par Peggy Papada

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Le 19 mai, jour qui coïncide avec le mariage royal, Sophie Marret-Maleval est venue à Londres pour nous parler d’amour. Elle nous a donné un papier conceptuel très riche qui, comme elle l’a dit, reflétait son amour pour la lecture de Lacan et a choisi une phrase du dernier enseignement de Lacan: «Le transfert est la découverte, la vérité de l’amour» pour nous guider dans son travail de la notion de transfert et d’amour.

À partir de «Présentation sur le transfert», un texte qui expose les impasses qui sont atteintes par la présence écrasante du couple analytique, nous passons aux articulations symboliques du transfert, où l’amour est assimilé à un manque de sujet dans la mesure où il est un être parlant. Ainsi, dans le Séminaire VIII, le sujet désirant tente d’atteindre l’objet du désir dans l’Autre, en se rendant désirable: la substitution du désiré au désirant est cruciale dans la mesure où ce qui est désiré est un autre désirant, qui trouve écho dans le Séminaire V, où Lacan précise que le désir est le désir d’un désir, le désir d’être désiré, d’où la supposition d’un désir dans l’Autre. Cette condition est ce qui rende l’amour toujours réciproque, pourtant à cet égard le transfert diffère de l’amour dans la mesure où l’analyste ne répond pas à la demande d’amour et conduit donc l’analysant à la reconnaissance de l’impossibilité de son complétude, de son manque, de la vraie nature de l’objet en jeu.

Avec l’avènement du Séminaire XX et le paradigme du non-rapport, le discours n’est plus compris comme une communication mais comme une jouissance. Le sens devient secondaire par rapport à S1a, la marque du signifiant sur le corps, et ainsi Lacan privilégiera la notion de signe sur le signifiant et prétendra que le signifiant est la cause de la jouissance. Au séminaire XX, Lacan dit que l’amour est un signe que l’on change de discours. Il relie ainsi l’amour au signe, conçoit l’amour comme un signe, non inclus dans la structure des discours. Le signe est lié à la lettre, un déplacement de la notion d’écriture qui doit se situer par rapport à ce qui ne cesse pas d’être écrit, le non-rapport (…) Après tout, comme notre orateur nous l’a rappelé, expérience commune témoigne du fait que l’amour est affaire de signes, signes d’amour.
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Lacan souligne également la fonction de l’amour comme une lettre par laquelle l’amour relie l’Un et l’Autre au moyen de l’objet. Il relie S1 et a, qui est aussi la fonction de la lettre (…) L’amour consiste à écrire une lettre et le travail du transfert consiste à la lire. Ainsi, Lacan parle de lecture et d’interprétations fondées sur la lecture, qui visent à extraire l’objet a, les racines de sa jouissance au-delà du sens.
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Discussion
La présentation de Sophie Marret-Maleval a été suivie d’une discussion animée au cours de laquelle elle a abordé de nombreux thèmes. (…) Ce que j’ai trouvé particulièrement frappant, c’est la nature de l’amour comme mot presque transitionnel, qui pointe vers un changement discursif, le signe que l’on change de discours: si l’amour est conçu comme entre discours, alors un reste discursif et circule , on peut comprendre pourquoi le but de la psychanalyse – du moins au niveau de son engagement avec du champ social – est de soutenir la circulation des discours – « circulation qui s’oppose au tournage en rond d’un seul discours ». 2

Pour le rapport complet, après le développement du thème par Sophie Marret-Maleval, veuillez visiter la page des événements passés sur le site de la London Society ou cliquez sur le lien ci-dessous.

Lire le rapport complet.

1 Jacques Lacan, Seminaire XXI, “Les Non-dupes errant”, 19 Mars 1974.
2 Lilia Mahjoub, « La peur de l’autre – discours ou ségrégation », Lacan Quotidien 742 traduit en anglais, “Fear of the Other – Discourse and Segregation”, Psychoanalytical Notebooks 32 (2018), p 41.