Le séminaire Nouages à Athènes, par Eleni Koukouli

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Ma contribution au séminaire Nouages d’Athènes consista initialement à préparer l’affiche de la manifestation, une affiche qui devait être suffisamment parlante pour mobiliser des sujets plus ou moins disposés à se mettre au travail au sortir de l’été mais aussi pour attirer un public de non-initiés.

Mon choix s’est porté sur une photo montrant des ampoules allumées et suspendues, le transfert m’apparaissant d’emblée comme ce qui permet à l’analyse de fonctionner, ce qui éclaire, ce qui peut faire ombre aussi, ce qui alimente le désir. Le transfert psychanalytique n’implique-t-il pas aussi bien le désir de l’analysant que celui de l’analyste ?

L’amphithéâtre fut plein. Chaque sujet seul et unique car le fait d’être relié à l’autre, d’être alimenté comme une ampoule par le désir, le transfert-désir de savoir, d’apprendre, donc de prendre, et ainsi de consentir à être manquant, ne va pas de soi.

En tant que discutante, le cas présenté par Lynn Gaillard a allumé en moi le désir de savoir. Une adolescente, suspendue entre la vie et la mort, telle une ampoule dont la lumière tremblote, a pu grâce au travail analytique sous transfert s’extraire d’une position d’objet de jouissance de ses parents, pour renouer avec la vie.

Il y eut des transferts sauvages ce jour-là, des transferts de travail, des discussions qui ont éclairées nos lanternes. Il y eut des élaborations, des constructions, des connexions. Des mots et des idées lumineuses ont jailli. Eurêka ! Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Or, nous ne sommes pas sans savoir que trop de lumière éblouit, qu’il y a toujours des restes opaques. Ce fut une journée où le transfert était, comme il se devait de l’être, très présent, un transfert dans tous ses états. Mission accomplie, le courant est passé !

Eleni Koukouli