Extraits de La psychanalyse guérit-elle du transfert ? de Éric Laurent

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“J’opposais (…) deux conceptions sur le destin du transfert au cours d’une analyse. Il est une version de la fin de la psychanalyse selon laquelle le transfert y est enfin ramené à zéro. L’enseignement de Lacan s’y oppose. A la fin de l’expérience, le transfert à la psychanalyse subsiste, et pourtant celui-ci a changé radicalement. C’est ce que Lacan a pu appeler un  « amour plus digne ». Il passe par une nouvelle lecture de l’amour qui s’adresse au « père ».

Pour Lacan, l’issue de la psychanalyse n’est pas dans un retour à un état antérieur, mais bien plutôt d’une sorte de sublimation du transfert, un passage du travail du transfert au transfert de travail. La Durcharbeitung du transfert dans l’expérience aboutit à un transfert de travail avec la psychanalyse comme telle, sans le support du psychanalyste.

(…)

Le transfert ramené à zéro a pu se concevoir un temps comme la croyance selon laquelle il suffisait de traverser l’écran des idéaux pour être délivré de l’amour. Ce qui reste, à la fin d’une analyse, et qui doit être recueilli dans sa particularité – ce à quoi sert la passe – est le savoir du sujet concernant le partenaire qui a chance de répondre.”

La psychanalyse guérit-elle du transfert ? Éric Laurent (2011)